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Des engrais intelligents pour protéger le climat Graeme Nicol

Climate & Environment
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28.04.2021 2mins | Article
100 millions de tonnes d'azote sont ajoutées au sol sous forme d'engrais chaque année, créant un excès de nitrate résultant de l'accélération de l'activité microbienne. Cela rend l'azote mobile, lui permettant de s’échapper du sol et de polluer l'eau et l'air. Graeme Nicol, Directeur de Recherche CNRS (Centre National de Recherche Scientifique) en écologie microbienne des sols à l'Ecole Centrale de Lyon, dirige un projet AXA sur l'ingénierie des écosystèmes et l'écologie microbienne. Dans un article pour Polytechnique Insights, il nous explique comment les engrais intelligents peuvent ralentir la distribution de l'azote et limiter de nombreux effets négatifs de la fertilisation sur la planète.

Source originale : Polytechnique Insight

Des engrais pour enrichir le sol en azote

Pour se développer, les plantes ont besoin d’azote, qu’elles obtiennent soit grâce à de l’ammonium, soit grâce à des nitrates (deux molécules riches en azote). L’ammonium, qui se retrouve naturellement dans le sol, est formé par la décomposition de matière organique, par des dépôts produits par la foudre, mais surtout par la fixation de l’azote atmosphérique dans les nodules des plantes légumineuses, à raison de 110 millions de tonnes par an. Le nitrate, quant à lui, est le résultat de la transformation de l’ammonium par des micro-organismes.

Même si les plantes sont capables d’absorber ces deux molécules, c’est la transformation de l’ammonium en nitrate qui a des conséquences majeures pour les systèmes agricoles. Les grandes quantités d’azote (100 millions de tonnes supplémentaires par an) ajoutées aux sols sous forme d’engrais accélèrent l’activité microbienne, ce qui entraîne une surproduction de nitrates.

Cet excès de nitrate a un impact négatif sur l’environnement, car il rend l’azote plus mobile, augmentant ainsi son potentiel de dégradation de l’environnement. Les nitrates polluent ainsi les eaux de ruissellement et les rivières, contaminent les ressources souterraines en eau potable et favorisent la prolifération d’algues. Ils sont également à l’origine d’une augmentation substantielle des émissions d’oxyde nitreux (N2O), le troisième gaz à effet de serre le plus répandu (après le CO2 et le CH4), et dont les concentrations ont augmenté de 20 % depuis l’époque préindustrielle. Le N2O sera également le composé principalement responsable de l’appauvrissement de l’ozone stratosphérique au XXIe siècle.

Les engrais intelligents : libérer l’azote progressivement

Découvrez l'article en intégralité sur Polytechnique Insight

22 avril 2021